Antonio CALDARA - Missa Dolorosa

Il est de ces musiciens dont le
nom circule avec familiarité mais dont l’œuvre,
pourtant, se blottit dans une curieuse obscurité. Injustice
de l’histoire ? Délit d’abondance ? Ou, plus
simplement, négligence coupable ? Quoi qu’il en soit,
la figure d’Antonio Caldara mérite mieux que la condescendance
d’une évocation ! Et cet enregistrement voudrait
contribuer à la restauration du portrait pour une légitime
revalorisation du jugement esthétique. Car, en effet, à
laisser la musicologie s’insinuer dans une approche purement
abstraite et dimensionnelle, on encourt le risque de graves erreurs
de discernement. N’est-ce pas de cette façon qu’il
faut appréhender l’opinion d’un Fétis
dans sa Biographie Universelle des Musiciens (1837) :
« Il manqua toujours à la musique de Caldara le caractère
vital qui ne peut être que le produit du génie. Caldara
était un habile imitateur, mais il ne savait pas inventer
(sic !). Le sort de toute musique dramatique est d’être
plongée dans l’oubli par les transformations successives
de l’art ; les productions de ce compositeur ont donc dû
subir la commune destinée… Plus heureux dans sa musique
d’église, Caldara a laissé quelques ouvrages
qui, sans s’élever à la hauteur des belles
compositions en style concerté des écoles de Scarlatti,
de Léo et de Lulli, sont cependant fort estimables ».Avouons
que, quelque cent cinquante ans après cette déclaration
sans appel de Fétis, Caldara relève davantage du
« droit de citer » et à peine ose-t-on l’inviter
dans le carnaval vénitien illuminé des mille feux
vivaldiens.
Alors, faisons le point pour tenter d’apporter quelques
lumières sur le sujet. Que sait-on, au juste, de la personnalité
de Caldara ? Sur sa vie, les renseignements sont assez diserts
et l’on ne peut que rassembler quelques informations d’ordre
général dont on ne peut qu’à grands
traits brosser le tableau suivant : sa date de naissance (1670
ou 1671 ?) ne nous est pas connue avec certitude, mais on sait
qu’il passa les trente premières années de
sa vie dans la Cité des Doges. On lui connaît une
jolie voix d’alto qui se fait remarquer à la Basilique
Saint Marc où il côtoie certainement le Maître
de Chapelle Giovanni Legrenzi (dont il reçoit peut-être
un enseignement particulier). On nous le présente ensuite
comme violoniste, violoncelliste et plus accessoirement comme
claveciniste mais ses débuts de compositeur sont signalés
essentiellement dans le domaine de l’opéra et de
l’oratorio ; Venise sait d’ailleurs le mettre en avant
dès l’âge de dix-neuf ans en représentant
notamment son premier grand ouvrage : Argene. Pourtant, à
partir de la trentaine, il va entreprendre une série de
pérégrinations qui le mèneront, de 1700 à
1716, à Mantoue comme Maître de Chapelle à
la Cour, à Barcelone comme compositeur de la Chambre du
prétendant autrichien Charles III, cela sans l’empêcher
de visiter et séjourner à Rome, Gênes, Florence,
Bologne et Vienne.
C’est d’ailleurs finalement
à Vienne qu’il décide de s’installer
à partir de 1716 où son ancien protecteur barcelonais,
devenu Empereur sous le nom de Charles VI, lui confie le poste
de Vice Maître de chapelle de la Cour Impériale.
Il va dès lors lier sa destinée à la Chapelle
Viennoise pour laquelle il produira une quantité impressionnante
de musique tant sacrée que profane. Cela dit, dans sa position
d’assistant de Johann Joseph Fux (1660-1741), il fut assez
largement libéré de ses obligations de compositeur
liturgique et put donc mettre à profit son aisance technique
pour assumer à l’extérieur des tâches
fort lucratives. Ainsi, Caldara fut chargé de composer
tous les ans des opéras pour la fête de l’Empereur,
pour le Carnaval (à partir de 1726) et, tous les deux ans,
pour la Fête de l’Impératrice. Cette situation
sembla parfaitement lui convenir et la reconnaissance des Habsbourg
le fit donc rester à Vienne jusqu’à sa mort,
le 28 décembre 1736. Il laissa derrière lui l’image
d’un musicien particulièrement fécond, n’ayant
en cela rien à envier à son congénère
Vivaldi. On dénombre en effet un corpus de quelque cent
cinquante œuvres regroupant opéras, oratorios et cantates
sacrées, associées à plusieurs dizaines de
messes, plusieurs centaines de motets, cantates profanes, madrigaux
et autres canons (plus de trois cents, à en croire le catalogue…
!).
MISSA DOLOROSA
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus - Benedictus, Agnus Dei
LAUDATE PUERI DOMINUM
Laudate pueri Dominum
Excelsus super omnes
Quis sicut Dominus
Suscitans a terra
Ut collocet eum
Gloria Patri
Et in saecula saeculorum
MESSE EN SOL
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei
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