Discographie

Guillaume MINORET - Messe sur des Noëls

Qui n’avait chanté, en effet, à la veillée de Noël, en famille ou en assemblée, ces chants simples et séduisants qui prenaient les titres évocateurs de « Joseph est bien marié », « Une vierge pucelle » ou bien encore « Où s’en vont ces gais bergers » ? Les réentendre, dans une parure plus savante, à l’occasion d’une messe de Minuit, ne pouvait donc que produire un réel moment de délectation. Les offices de la Sainte Nuit ne s’en privèrent donc pas et bien des musiciens nous ont laissé des témoignages de cette pratique, à commencer par les organistes qui se plaisaient à « gloser » en de subtiles variations sur cette thématique populaire. D’autres compositeurs n’ont pas hésité à écrire des messes entières, fondées sur la réminiscence de ces timbres mais en les habillant, cette fois, du texte de l’Ordinaire. Ce fut le cas pour Marc-Antoine Charpentier, pour Sébastien de Brossard et pour… Guillaume Minoret !

"Symphonie sur des Noëls" - grand orgue (1) Michel-Richard DE LALANDE (1657-1726)
Kyrie - Messe de Noël Guillaume MINORET (1650?-1720)
"Joseph est bien marié" - symphonie extrait des Noëls sur les Instruments Marc-Antoine CHARPENTIER 1634-1704)
Gloria - Messe de Noël G. MINORET
"A la venue de Noël" - symphonie Noëls sur les Instruments - M.A. CHARPENTIER
"Une jeune Pucelle" - orgue positif (2) extrait du second livre d’orgue de 1714 André RAISON (1650-1719)
Credo - Messe de Noël G. MINORET
"Joseph est bien marié" - grand orgue (2) Second livre d’orgue André RAISON
Sanctus - Messe de Noël G. MINORET
"Or nous dites Marie" - orgue positif (2) Second livre d’orgue André RAISON
Elévation : "O pretiosum" M.A. CHARPENTIER
"Or nous dites Marie" - symphonie Noëls sur les Instruments M.A. CHARPENTIER
Agnus Dei - Messe de Noël G. MINORET
"Une Vierge Pucelle" - grand orgue (2) extrait du troisième livre d’orgue de 1685 Nicolas LEBEGUE (1631-1702)
"Domine, salvum fac Regem" - Motet au Roi Messe de Noël - G. MINORET
"Où s’en vont ces gays Bergers" - grand orgue (1) extrait du Nouveau livre de Noëls de 1740 Michel CORRETTE (1707-1795)
"Petite Cantate de Noël" M.A. CHARPENTIER
(1) Olivier Chaplais (2) Florence Rouillard

 

Antonio CALDARA - Missa Dolorosa

Il est de ces musiciens dont le nom circule avec familiarité mais dont l’œuvre, pourtant, se blottit dans une curieuse obscurité. Injustice de l’histoire ? Délit d’abondance ? Ou, plus simplement, négligence coupable ? Quoi qu’il en soit, la figure d’Antonio Caldara mérite mieux que la condescendance d’une évocation ! Et cet enregistrement voudrait contribuer à la restauration du portrait pour une légitime revalorisation du jugement esthétique. Car, en effet, à laisser la musicologie s’insinuer dans une approche purement abstraite et dimensionnelle, on encourt le risque de graves erreurs de discernement. N’est-ce pas de cette façon qu’il faut appréhender l’opinion d’un Fétis dans sa Biographie Universelle des Musiciens (1837) :
« Il manqua toujours à la musique de Caldara le caractère vital qui ne peut être que le produit du génie. Caldara était un habile imitateur, mais il ne savait pas inventer (sic !). Le sort de toute musique dramatique est d’être plongée dans l’oubli par les transformations successives de l’art ; les productions de ce compositeur ont donc dû subir la commune destinée… Plus heureux dans sa musique d’église, Caldara a laissé quelques ouvrages qui, sans s’élever à la hauteur des belles compositions en style concerté des écoles de Scarlatti, de Léo et de Lulli, sont cependant fort estimables ».Avouons que, quelque cent cinquante ans après cette déclaration sans appel de Fétis, Caldara relève davantage du « droit de citer » et à peine ose-t-on l’inviter dans le carnaval vénitien illuminé des mille feux vivaldiens.
Alors, faisons le point pour tenter d’apporter quelques lumières sur le sujet. Que sait-on, au juste, de la personnalité de Caldara ? Sur sa vie, les renseignements sont assez diserts et l’on ne peut que rassembler quelques informations d’ordre général dont on ne peut qu’à grands traits brosser le tableau suivant : sa date de naissance (1670 ou 1671 ?) ne nous est pas connue avec certitude, mais on sait qu’il passa les trente premières années de sa vie dans la Cité des Doges. On lui connaît une jolie voix d’alto qui se fait remarquer à la Basilique Saint Marc où il côtoie certainement le Maître de Chapelle Giovanni Legrenzi (dont il reçoit peut-être un enseignement particulier). On nous le présente ensuite comme violoniste, violoncelliste et plus accessoirement comme claveciniste mais ses débuts de compositeur sont signalés essentiellement dans le domaine de l’opéra et de l’oratorio ; Venise sait d’ailleurs le mettre en avant dès l’âge de dix-neuf ans en représentant notamment son premier grand ouvrage : Argene. Pourtant, à partir de la trentaine, il va entreprendre une série de pérégrinations qui le mèneront, de 1700 à 1716, à Mantoue comme Maître de Chapelle à la Cour, à Barcelone comme compositeur de la Chambre du prétendant autrichien Charles III, cela sans l’empêcher de visiter et séjourner à Rome, Gênes, Florence, Bologne et Vienne.
C’est d’ailleurs finalement à Vienne qu’il décide de s’installer à partir de 1716 où son ancien protecteur barcelonais, devenu Empereur sous le nom de Charles VI, lui confie le poste de Vice Maître de chapelle de la Cour Impériale. Il va dès lors lier sa destinée à la Chapelle Viennoise pour laquelle il produira une quantité impressionnante de musique tant sacrée que profane. Cela dit, dans sa position d’assistant de Johann Joseph Fux (1660-1741), il fut assez largement libéré de ses obligations de compositeur liturgique et put donc mettre à profit son aisance technique pour assumer à l’extérieur des tâches fort lucratives. Ainsi, Caldara fut chargé de composer tous les ans des opéras pour la fête de l’Empereur, pour le Carnaval (à partir de 1726) et, tous les deux ans, pour la Fête de l’Impératrice. Cette situation sembla parfaitement lui convenir et la reconnaissance des Habsbourg le fit donc rester à Vienne jusqu’à sa mort, le 28 décembre 1736. Il laissa derrière lui l’image d’un musicien particulièrement fécond, n’ayant en cela rien à envier à son congénère Vivaldi. On dénombre en effet un corpus de quelque cent cinquante œuvres regroupant opéras, oratorios et cantates sacrées, associées à plusieurs dizaines de messes, plusieurs centaines de motets, cantates profanes, madrigaux et autres canons (plus de trois cents, à en croire le catalogue… !).

MISSA DOLOROSA
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus - Benedictus, Agnus Dei

LAUDATE PUERI DOMINUM
Laudate pueri Dominum
Excelsus super omnes
Quis sicut Dominus
Suscitans a terra
Ut collocet eum
Gloria Patri
Et in saecula saeculorum

MESSE EN SOL
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei

 

Aria Voce - 5ème Anniversaire

L'ensemble Aria Voce s'est constitué en 195 au sein de l'ARIA (Académie de Recherche sur l'Interprétation Ancienne) et siège au centre Musical de la Balinière à Rezé (44).
Sous son statut de "choeur de chambre" réunissant une vingtaine de chanteurs, Aria Voce vise par un travail soutenu sur le plan vocal et stylistique à des réalisations de grande qualité qui explorent des répertoires trop méconnus de la musique ancienne.
Le programme d'enregistrement "live" qui vous est proposé ici en est déjà un vibrant témoignage, au terme de ces cinq années de travail musical.

Les Cantates chorales de D. BUXTEHUDE
Nimm von us, Herr, du treuer Gott
Jesu, meines Lebens Leben
Alles was ihr tut
Der Herr ist mit mir, Alleluia

Les motets de la famille BACH
Ich lasse dich nicht
Halt, was du hast
Pièces pour orgue, Jesu meine Freude

Florilège Italien
Stabat Mater à 10 voix - D. Scarlatti
Ave Maria - P.P. Bencini
Litanies à la Vierge - P. Lorenzani
Messe Brève "la Stella" - D. Scarlatti