Discographie

Antonio VIVALDI - Délices de Prudenza

L’ARIA vient de faire paraître sa dernière production discographique :
«Antonio Vivaldi, Délices de Prudenza». Ce coffret de deux CD est un premier enregistrement mondial sur les sonates pour violoncelle de Vivaldi sur instruments d’amour (violoncelles all’inglese et violone all’inglese).
Philippe Foulon a choisi d’enregistrer les sonates pour violoncelle de Vivaldi avec un violoncelle all’inglese afin de retrouver les sonorités vénitiennes perdues. Cet instrument offre une très large palette sonore et amène une très grande variété de couleurs et d’articulations pour dépeindre les atmosphères propres à ces
pièces. Sonates d’église pour la plupart, ces pièces de grande beauté sont marquées par une émotion particulière, parfois retenue, parfois grave, et tiennent une place à part dans l’oeuvre de Vivaldi.
Les dix sonates présentes dans ce coffret sont interprétées sur deux instruments différents. Cinq sonates sont enregistrées avec un violoncelle all’inglese à cinq cordes en boyau et douze cordes métalliques sympathiques accordées chromatiquement conférant un halo sonore très riche. Les cinq autres sonates
sont jouées sur un violoncelle all’inglese à cinq cordes en boyau et sept cordes métalliques sympathiques accordées diatoniquement ; le halo sonore est riche et donne une couleur différente de l’autre violoncelle.

L’accord des cordes sympathiques peut varier en fonction de la tonalité de la sonate. Il confère une couleur très spécifique à chaque tonalité. Plusieurs années de recherches et d’études ont été nécessaires pour pouvoir concevoir et reconstruire les deux violoncelles all’inglese que joue Philippe Foulon dans ce coffret.
La prise de son exceptionnelle réalisée par Jean-Marc Laisné restitue aussi bien la subtilité de l’interprétation ainsi que la finesse et la beauté des timbres de tous les instruments, tout particulièrement celles des deux violoncelles all’inglese.
Ce coffret de deux CD sous fourreau, réalisé en coproduction avec l’éditeur NATIVES comprend un important livret bilingue de 60 pages qui réunit une biographie d’Antonio Vivaldi et des textes passionnants sur les instruments d’amour et sur leur reconstruction.

 

Michel CORRETTE - Délices de la Solitude

Que voici un titre de recueil nimbé d’une bien mystérieuse poésie ! Peut-on y voir une allusion ou une référence à un joli Rondeau de Couperin (Les Délices du septième Ordre) ? D’une certaine manière, il est vrai, cette pièce marque dans l’évolution de Couperin une libération sensible face à l’héritage de la grande tradition des grands maîtres clavecinistes français (D’Anglebert, Louis Couperin…). Le septième Ordre nous apparaît en effet, à plus d’un titre, comme le reflet des mutations d’une époque ! Après l’austérité des dernières années du règne de Louis XIV, la Régence apporte, à n’en pas douter, une vive réaction vécue comme une libération de l’esprit et des mœurs (et comme l’Histoire nous en raconte…). C’est en tout cas, vers cette période de 1717, l’annonce d’un siècle nouveau qui mènera notre François Couperin des « Concerts Royaux » aux « Suites des Goûts Réunis », faisant de ce chef de file une véritable figure de proue pour tout musicien qui cherche à dépasser la vaine querelle esthétique entre musique française et musique italienne.
Quoi qu’il en soit, pour un jeune provincial comme Michel Corrette, ces « Délices » pouvaient bien agir comme une espèce de réminiscence qui ouvre tout grand le portail symbolique de la liberté de composition et même de la liberté tout court, en tournant le dos aux contraintes, musicales et autres, de la Monarchie absolue !
Voilà une bien concrète façon de situer Michel Corrette dans son « épique » traversée du XVIIIe siècle ! Voilà encore ce qui le pousse, lorsque la Révolution arrive, à se faire aussitôt l’interprète des émotions populaires ! Sa dernière œuvre en est un témoin sans appel puisqu’il signe en juillet 1792 une « Symphonie à grand orchestre sur le thème du ça ira, ça ira » (véritable Chant du Cygne d’un musicien qui s’éteint en 1795, le 2 Pluviose An III, à l’âge de quatre-vingt-huit ans).
Voilà encore une façon de comprendre la psychologie fondamentale du personnage qui le pousse à une activité débordante, en fait, vers toutes les franges de la nouveauté ! Ne peut-on y voir une nette revendication pour illustrer ce que le Dictionnaire de l’Académie, dans son édition de 1694, avait déjà pressenti en affirmant : « Le Peuple aime les nouveautés », ce qui revenait à dire, en d’autres termes, que le peuple aime les troubles et les révolutions. On sait, de reste, qu’il n’avait pas tort et que les délices de la solitude peuvent parfois rassembler et souder dans de grandes effusions collectives… ! .../...

« Sur tous les instrumens divers,
Une seule raison me donne la victoire,
C’est que du Dieu puissant qui règle l’Univers,
Tous les jours je chante la Gloire. »

Ne serait-ce pas, finalement, cette profession de foi qui a mené notre Corrette jusqu’aux « Délices de le Solitude » ?

  Sonate VI en Si bémol majeur
Allegro moderato, Aria, Giga

Sonate II en ré mineur
Allegro, Aria, Allegro staccato

Sonate IV en Si bémol majeur
Adagio, Corrente, Aria, Bruit de chasse

Sonate III en do majeur
Allemanda, Sarabanda, Fuga da capella

Sonate I en fa majeur
Fuga, Aria, Allegro

Sonate V en sol majeur
Preludio, Allemanda, Sarabanda, Presto