Barok Tango

L’idée de cette création a germé à l’ombre d’une amitié entre Gerardo Jerez-Le Cam (pianiste et compositeur d’origine argentine) et Philippe Le Corf (contrebassiste et musicologue spécialisé dans la musique baroque). Les deux musiciens ont alors imaginé d’organiser une rencontre apparemment insolite et pourtant pleine de connivence où la rythmique du tango argentin se soumet à l’écriture de fugue (forme baroque par excellence) et où les timbres des instruments anciens d’amour s’entremêlent avec le fameux chant instrumental du bandonéon. >

Ce projet original et « décoiffant », pour voir le jour, se devait d’être solidement charpenté et encadré. Philippe Le Corf, directeur de l’ARIA, a donc décidé de le faire porter par sa structure, en passant tout d’abord commande à Gerardo Jerez-Le Cam d’une composition spécifique, prenant en compte les paramètres d’écriture (le style fugué, la rythmique du tango) et les particularités organologiques (un quatuor à cordes d’instruments d’amour, un clavecin et un bandonéon). Il faut en effet savoir que l’ARIA, en collaboration avec l’ensemble du Lachrimae Consort, a lancé depuis plusieurs années un programme de recherches autour de ces fameux instruments d’amour, qui a donné lieu à des reconstructions de lutherie pour créer et reconstituer un quatuor à cordes homogène, ce qui permet aujourd’hui de le proposer à l’écoute, comme on dit, en première mondiale.


Pour la deuxième phase du projet, qui concerne donc, à proprement parler, sa réalisation musicale et sa mise en vie artistique, tout découlé naturellement de l’idée initiale :
L’ARIA, pour ouvrir un champ d’application à ses recherches, a rassemblé des musiciens spécialistes d’instruments anciens autour d’un petit ensemble de musique de chambre baptisé ARIA LACHRIMAE CONSORT. Au-delà de la rencontre conceptuelle des styles, le projet devait également faire se rencontrer des musiciens venant d’horizons différents, quitte à les entraîner dans une aventure exceptionnelle. D’où l’association entre ces « baroqueux » et ces « tangueros », où l’on verra chacun se laisser chavirer par le guidage de l’autre, épousant pour le coup la véritable essence du tango, fait de dialogues secrets, de questions et de réponses, parfois de demandes, parfois d’ esquives, parfois d’exigences ou de réserves, de pudeurs ou encore de craintes. Dans un tango, les éléments du couple ne font qu’un, corps et âmes, dansant avec l’autre et pour l’autre. Le projet de cette rencontre musicale est qu’il en soit de même de façon à ce que chacun joue avec et pour l’autre, en partageant l’énergie de tous et en se mettant à la recherche d’une communion parfaite. En un mot, l’esprit Tango !

Mais cette création a également une autre visée : celle de dire avec force que l’esprit baroque, lui aussi, sait allumer de mille feux notre époque, comme d’ailleurs toute époque contemporaine, ce que, finalement, les civilisations d’Amérique latine n’ont jamais démenti depuis que les missionnaires ont su leur faire valoir la force expressive d’un baroque intemporel.

Et ce n’est certes pas la fougue d’un Gerardo Jerez-Le Cam qui contredira ce qui lui paraît être une évidence, d’où son enthousiasme à se lancer dans cette aventure excitante de composition et d’interprétation, aventure dans laquelle il délaissera le piano pour se mettre au clavecin, ce qui atteste déjà de sa « contamination baroque ».

Pour conclure sur la présentation générale de ce projet de création, nous pourrions préciser qu’il y a une forme de malice à promouvoir cette nouvelle croisée de chemins des instruments d’amour, nés au XVIIème siècle en plein cœur de la période baroque et qui viennent se ressourcer en se glissant dans les rythmes langoureux d’une danse d’amour qui a embrasé le XXème siècle. Belle démonstration d’intemporalité ! Au public ensuite de l’apprécier.

Gerardo Jerez- Le Cam

Né à Buenos Aires, Argentine, en 1963, Gerardo JEREZ LE CAM étudie le piano et la composition aux conservatoires D’Ipolito et CONSUDEC. Il intègre plusieurs groupes de rock, de folklore et de tango. Il poursuit les études de piano, composition et orchestration avec le professeur Alberto MERCANTI.
De 1987 à 1992 il dirige l’opéra et la zarzuela dans la compagnie lyrique de Victor LOPIANO. Il se produit dans les théâtres : Lasalle, Margarita Xirgu, auditorio de Belgrano, San Martin et autres, a Buenos Aires.
Arrivé en France en 1992, il intègre la formation de tango contemporain Cuarteto JEREZ qui interprète des œuvres de Astor PIAZZOLLA et Gerardo JEREZ LE CAM.
Il réalise des tournées en France et en Europe.
Il compose pour les chorégraphies « Femmes au pluriel » avec la compagnie Corinne BANEL et « Buenos Aires Imaginaria » avec la compagnie Roxana DEL CASTILLO, interprété par le cuarteto JEREZ.
Il compose également pour les pièces de théâtre « Lettres à un jeune poète » du Théâtre de l’ENTRACTE.
Il écrit des chansons avec des paroles de l’écrivain argentin Alejandra PIZARNIK pour un spectacle créé à Buenos Aires.
Il improvise au piano comme pianiste accompagnateur de films muets dans des festivals de France et Allemagne.
En 1996 il crée avec des musiciens d’origine roumaine, biélorusse et française le groupe TRANSLAVE qui propose une rencontre des cultures tango et tzigane. Le groupe se produit dans plusieurs tournées en Europe et en Argentine, plus de 350 concerts à ce jour.

En 1998 il compose « Refugio Almafuerte », une création pour Raúl GARELLO (bandonéon) et l’Octet de violoncelles de l’orchestre symphonique de Buenos Aires.
En collaboration avec Juan José MOSALINI (bandonéon), l’Orchestre National des Pays de la Loire et l’Orchestre de L’île de France il réalise deux tournées en France.
Il donne des concerts avec Jean Marc PADOVANI (saxo, composition) et Roberto AUSSEL (guitare).
En 1999 il crée en collaboration avec Camilla SARACENI, Juanjo MOSALINI (bandonéon) et Sandra RUMOLINO (chant) le spectacle de tango « Pas à deux », en création au Théâtre de la Bastille, repris à Chaillot. Arrangements et compositions de G. JEREZ LE CAM.

En 2000 il forme avec Corina DIAZ (chant) et Marcelo MASSUN (violoncelle) le groupe de musique classique et populaire argentine AGUAFUERTE. Il réalise des tournées en Argentine et en France.
En 2001 il compose pour l’album de TRANSLAVE « Ulitza », produit par Label Ouest et distribué par l’Autre Distribution.
En 2002, il compose pour la nouvelle création de Camilla SARACENI « Charbons Ardents ». Musiques instrumentales et chansons sur des textes de Philippe LEOTARD interprétées par Sandra RUMOLINO (chant), Juanjo MOSALINI (bandonéon), Paul LAZAR (violon) , Eric CHALAN (contrebasse), Jacob MACIUCA (violon) et Gerardo JEREZ LE CAM (piano, compositions).
En janvier 2003 il rencontre Juan José MOSALINI (bandonéon), Sandra RUMOLINO (chant), Juanjo MOSALINI (bandonéon), Paul LAZAR (violon) et Eric Chalan (contrebasse) pour un concert au Wiener Konzerthaus à Vienne, Autriche.
>En 2003 il réalise les arrangements et compositions pour le nouvel album de Sandra RUMOLINO « Por la Vuelta ».
Depuis douze années il se produit en France et l’étranger en duo avec Jacob MACIUCA, virtuose de la musique tzigane et du folklore Roumain.
En 2003 paraît le nouvel album « Marinarul » de Translave créé en Roumanie au bord de la Mer Noire, et enregistré en France, avec la participation de Juanjo MOSALINI (bandonéon), Mihai TRESTIAN (cymbalum), Georghe TUDORACHE (accordéon), Jacob MACIUCA (violon), Jean François ROGER (percussions),
Misha PASSECHNIK (trompette), Guillaume ROBERT (contrebasse) et Gerardo JEREZ LE CAM (piano, composition).
En collaboration avec Osvaldo CALO (piano) il crée « Fuga Tango », série des préludes et fugues pour deux pianos composées par G. Jerez Le Cam (piano, composition). Interprété et enregistré à Saint Herblain en résidence et concerts pour la réalisation d’un prochain album.
Depuis l’année 1998 il participe au festival international de Violoncelles de Beauvais en tant que interprète et compositeur, en 2003 il joue en trio avec Jacob MACIUCA (violon) et Mihai TRESTIAN (cymbalum).
Tournée française du spectacle « Tangos ,verduras y otras yerbas » mise en scène de Camilla SARACENI, 2004-2005.
En 2004 crée avec la formation « JEREZ LE CAM ENSEMBLE » le programme des compositions « TANGO IMAGINARIO ». Sortie du cd en janvier 2005 distribuée par Anticraft en France et par le label aqcua records en argentine.
Réalise en 2005 des concerts avec Julia MIGUENES dans son spectacle « La Argentina ».
Tournée en Argentine avec Tomas GUBITSCH en septembre 2006, la Trastienda, ciudad abierta.
Tournée du JEREZ LE CAM ENSEMBLE en Argentine en septembre 2006 centro cultural Rojas et Ciudad Evita.
Création de la musique du spectacle « Anche-moi » mis en scène par Camilla SARACENI, scènes nationales de Creteil et Evry.
Deux tournées en Argentine (Octobre 2006 et mars 2007) avec le JEREZ LE CAM ENSEMBLE.
Avril 2007, création de « NUBES Y TANGOS » du JEREZ LE CAM ENSEMBLE à la Maison de la culture de Loire Atlantique.

 

Juanjo Mosalini

Héritier de la tradition du bandonéon, Juanjo Mosalini développe aujourd'hui toutes les facettes de l'instrument au sein d'ensembles qui perpétuent la grande expression musicale de l'Argentine. Mais il est avant tout l'interprète passionné des compositeurs phares de ce début du XXIème siècle. Dans les formations de chambre ou les plus prestigieux orchestres du monde dont il est le soliste, Juanjo Mosalini fait parler le "fueye" avec tout le vocabulaire musical classique, moderne et contemporain.
Déjà quinze années de carrière font de Juanjo Mosalini l'une des figures incontournables de l'avant-garde musicale de l'Argentine en Europe.


En duo avec le guitariste Vicente Bögeholz, il remporte le newcomer weltmuzikpreis du Festival Ruth 2006 sur un répertoire comportant des œuvres de Tomás Gubitsch et Gerardo Le Cam avec les ensembles desquels il se produit aussi régulièrement.

Interprète fétiche depuis cinq ans de Luis Bacalov dont il a intégré le quatuor, Juanjo Mosalini joue sa Misa Tango à travers le monde. Il a en outre créé son concerto Triple, et son Stabat Mater.

 

Philippe Foulon

Pionnier dans la résurrection d'instruments complètement disparus de la période baroque, Philippe Foulon n'arrête pas de surprendre par ses découvertes. En 2001, il redécouvre la viole d'Orphée, instrument décrit par Michel Corrette dans une méthode de viole d'Orphée, alto et contrebasse. Son ensemble, le Lachrimae Consort obtient le Premier Prix du Patrimoine 2001 pour cette réalisation en première mondiale, grâce à une équipe qui l'entoure, formée du musicologue Jean-Charles Léon et de luthiers. Il découvre dans des manuscrits de Vivaldi l'existence d'autres instruments disparus dits "all'inglese". Il s'agit de violes all'inglese, violes munies de cordes sympathiques. Philippe Foulon prend le risque de faire reconstruire un violoncelle existant au XVIIIe siècle pour lequel Vivaldi a composé: le violoncelle all'inglese, qui verra le jour début 2003 en première mondiale. Ce projet reçoit le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication.

Philippe FOULON débute sa carrière de soliste en Europe au Festival International de Bruxelles en 1983. Il obtient un Premier Prix au Conservatoire Royal de Bruxelles auprès de Wieland Kuijken., avec lequel il se produit régulièrement en duo de violes (Paris, Londres, Barcelone…) Il joue en soliste dans les plus grands festivals français et européens. Il a été co-fondateur de l'Ensemble Baroque de Limoges, avec Jean-Michel Hasler, et des Musiciens du Louvre avec Marc Minkovski.
Il a participé une centaine d’enregistrements discographiques et radiophoniques ou télévisuels en soliste et avec des ensembles pour MANDALA, ERATO, LYRINX, LIGIA DIGITAL, HARMONIA MUNDI, VIRGIN Classic, ADDA, ADES, CAPRIOL, PENTAGRAMA MAGICO, ARION, DAHIZ, PIERRE VÉRANY , CHANT DU MONDE, SONY Classic, STUDIO FM, ARSIS Classics, EDELWEISS, CANAL PLUS, F2, TF1, TVE, RNE, Radio EIRE, Muzzik, Forum, LCI, Radio Nacional Portugaise, Radio et Télévision Russe, Radio Néerlandaise, Radio Polonaise, Radio Tchekoslovaque..., recevant de nombreuses récompenses par la presse ou d’institutions: Diapasons d’or, FFFF de Télérama, Grand Prix International du disque Académie Charles Cros, Premio del Ministerio de Cultura Español, Joker de la revue Crescendo, Prix International Vivaldi de la Fondation Cini (Italie).
Il s'est produit dans les plus grands festivals européens avec de nombreux artistes tels que James Bowman, Charles Brett, Rachel Yakar, Nathalie Stutzman, Howard Crook, Robert Expert, Jean-Michel Fumas...), et instrumentaux (Jaap Schröder, Christophe Coin, Wouter Möller, Emilio Moreno, Ruth Hesseling, Monica Huggett, John Holoway, Brigitte Haudebourg,, Olivier Vernet, Stephen Preston…), et sous la direction de Ton Koopman , Reinhart Goebel, William Christie, M.Minkovski, J.C.Malgoire, Bob Van Asperen..Il collabore avec des danseurs et chorégraphes depuis de nombreuses années, notamment avec "Ris et Danceries" de Francine Lancelot, et avec "L'Eclat des Muses", compagnie de danse dirigée par Christine Bayle.
En 1994, il fonde le Lachrimae Consort avec lequel il se produit dans de nombreux festivals français et européens. En 2000, Foulon invite Jean-Charles Léon, musicologue associé au Centre de Musique Baroque de Versailles à rejoindre le Lachrimae Consort, à co-diriger artistiquement l'ensemble et de développer un projet de recréation d'instruments perdus d'envergure internationale.

Il enseigne au Conservatoire de Paris (Charles Munch et Claude Debussy) et donne des Master Classes au Conservatoire Royal de Madrid depuis plusieurs années.

Philippe Le Corf

Philippe Le Corf a voulu se réapproprier la démarche des générations de l’époque baroque, en visant l’objectif du « musicien complet ». C’est pourquoi on le croise à la fois comme instrumentiste professionnel, chef de chœur ou musicologue, participant ainsi depuis plus de vingt ans au renouveau de la musique ancienne.
En fonction à Rezé, il dirige l’ARIA, l’Académie de Recherches sur l’Interprétation Ancienne, qu’il a fondée et implantée sur cette commune de l’agglomération nantaise dès 1985. Il a voulu doter cette institution d’une triple vocation de recherche, de diffusion et de formation, et a obtenu pour elle la reconnaissance du Ministère de la Culture par une récente labellisation de Centre de recherches.
Comme instrumentiste, il se produit pour des concerts et des enregistrements, au sein d’ensembles baroques réputés, avec le violone, la grande basse de violon ou encore la contrebasse. Il a travaillé avec un grand nombre d’ensembles reconnus de musique ancienne, mais se consacre désormais plus particulièrement aux productions artistiques d’A SEI VOCI, d’ARIA LACHRIMAE CONSORT ainsi que du LACHRIMAE CONSORT.
Comme chef de chœur, il a décidé de créer ARIA VOCE en 1995, au cœur de son Académie, un groupe vocal de haut niveau, qu’il dirige depuis lors à travers des activités de recherches sur le répertoire polyphonique des XVII° et XVIII° siècles.
Passionné par la musicologie appliquée, il assure la direction artistique d’une collection d’enregistrements qui rassemble aujourd’hui une vingtaine d’albums, particulièrement bien accueillis par la critique spécialisée (Collection ARIA).
Enfin, il se présente encore comme un musicologue repéré, qui a puisé sa formation au CNSM de Paris (validée par quatre premiers prix) et qui a reçu en 1987 du Ministère de la Culture le Certificat d’aptitude de musiques anciennes.

Silvio Failla

Né en 1958 à St Chamond , Silvio Failla étudie le violon au conservatoire de Toulon ou il obtient les prix de violon et musique de chambre à l’unanimité . il donne ses premiers concerts en tant que soliste dès l’age de 15 ans avec l’ensemble instrumental du var .il poursuit ses études au CNSM de Paris dans la classe du maître Christian FERRAS et parallèlement obtient le Certificat d’Aptitude en 1980.
Il entame alors une carrière de pédagogue et de musicien professionnel
- Création du trio à cordes LA VEGA, à l’age de 21 ans ( missionné en région centre , Costa Rica , Chicago ) puis à Paris , du trio VIENNE EXPRESS
- il s’intéresse aussi à la musique contemporaine avec ARS NOVA , ALTERNANCE .
- il enregistre sous la baguette de Myung Wun Chung , la Turangalila symphonie d’Olivier Messiaen à l’Opéra Bastille ( tournée en URSS et JAPON )
En tant que pédagogue, il encadre durant 7 ans l’orchestre des jeunes en région centre pour des programmes de musique de chambre, symphoniques, lyriques et en tant que soliste (concerto de Beethoven , Tzigane de Ravel , poème de Chausson ).
Il assurera également la direction artistique de l’Académie de musique de la Réunion et de l’Académie Paul Le Flem consacrée à l’interprétation de musiques inédites de compositeurs bretons.
Sa rencontre avec l’ARIA de Rezé renforce l’intérêt qu’il porte à la musique ancienne et l’incite à approfondir ses connaissances sur l’instrumentation et l’interprétation de cette musique. C’est ainsi qu’il intègre l’ensemble STRADIVARIA dès sa création en 1987.
En 1995 il est nommé professeur à la Rochelle, soliste de l’Ensemble Instrumental de l’ENMD, membre de l’orchestre Poitou-Charentes, soliste de l’ensemble STRADIVARIA .

En 2000, il prend la direction artistique de plusieurs projets musicaux et pédagogiques auprès d’associations comme Musique en Corse et JOCA.
Il enseigne actuellement le violon à Nîmes et crée le pôle ‘’musique ancienne ‘’.

Jacob Maciuca


Parmi les bons élèves du conservatoire de Bucarest, dans les années 80, il y en avait un qui s’appelait Marian Iacob Maciuca, né à Tulcea, dans la région de la Dobrogea, sur les bords de la Mer Noire. Une fois empoché le prix qui attestait de ses hautes compétences, celui-ci s’est spécialisé dans la musique traditionnelle de Roumanie et plus particulièrement celle des terres de son enfance. Bien lui en a pris. Il a tôt fait d’être repéré et apprécié. Sa route va passer plusieurs fois par la France, où il se produit avec différents groupes de musique traditionnelle. Il choisit finalement de s’y installer, en 1992. Avec le pianiste Gerardo Jerez-Le Cam, il forme le Cuarteto Jerez, dédié au tango. Parallèlement, Iacob Maciuca enseigne le violon et intègre l’Orchestre de l’Ouest, dirigé par Jean-Pierre Bréhu. En 1996, il relie le tango et la musique tzigane à travers le groupe Translave, puis il tourne quelque temps avec le saxophoniste de jazz Jean-Marc Padovani. Son violon continue de séduire ensuite au sein du trio Dobrogea (nom de sa région d’origine). Les courses folles du cymbalum y sont lancées par les doigts agiles de Mihaï Trestian, aujourd’hui toujours à ses côtés au sein de son quartet où officie également le copain pianiste de ses débuts en France. Complétée par le contrebassiste Sergiu Brasovean, voici là une association de bienfaiteurs absolument irréprochables.

Dans cette nouvelle création consacrée aux musiques d’inspirations tziganes , la culture de transmission orale agit comme vecteur essentiel. Les phrases, les rythmiques, les mélodies, nuances et accents passent de musicien à musicien un peu comme un conteur transmet une histoire. La qualité de leurs interprétations est comparable aux musiques de chambre et dans leurs esprits les textes chantent comme un quatuor de cordes où la puissance populaire de la fête, la joie, la tristesse et la nostalgie des peuples de l’Est est présente comme une danse.Chaque musicien possède une remarquable maîtrise de l’instrument et un sens du toucher très personnel : Le violon tzigane tisse les ficelles mélodiques et guide les chemins avec cette fluidité et cette légèreté qui donnent un son d’une grande clarté. Le cymbalum moldave donne l’étincelle de la pulsation La contrebasse roumaine apporte les profondeurs et souplesses des piliers sonores Le piano argentin affirme la touche latine des couleurs harmoniques. Le violon de Iacob Maciuca possède cette fluidité et cette légèreté qui donnent un son d’une grande clarté, même dans les passages les plus délicats. Le nombre d’expériences musicales auxquelles Jacob s’est confronté prouve assez que cette qualité est partagée par des artistes de toutes tendances : musique classique, tango, jazz.